ActuCiné : « Only God Forgives », « Call Girl » et « Sharqiya »

Au programme de cette semaine, trois sorties méritent un arrêt sur image : « Only God Forgives », le nouveau film du duo Nicolas Winding Refn & Ryan Gosling, actuellement en compétition à Cannes, « Call Girl » du suédois Mikael Marciman et « Sharqiya » d’Ami Livne.

“Only God Forgives” de Nicolas Winding Refn

Julian, Anglais installé à Bangkok, est une figure respectée de la Pègre. Avec son frère Billy, il dirige un club de boxe thaï qui est en réalité un lieu consacré au trafic de drogue à destination de Londres. Quand Billy est assassiné, leur mère Jenna arrive de Londres pour chercher le corps. Elle est elle-même à la tête d’une puissante organisation criminelle et a l’habitude d’obtenir exactement ce qu’elle veut. Elle va régler ses comptes, à travers un parcours sanglant où se mêlent rage, trahison et vengeance, qui mènera à une ultime confrontation et à une possibilité de rédemption.

Actuellement présenté en compétition officielle au 66ème Festival de Cannes, Nicolas Winding Refn retrouve Ryan Gosling après une première collaboration plus qu’efficace pour son “Drive”, qui révéla aussi bien l’acteur que le réalisateur aux yeux du grand public, alors qu’ils n’en étaient pas à leur coup d’essai (8ème film pour Winding Refn et plus de 20 ans de carrière pour Ryan Gosling). Si l’alchimie entre l’acteur et son metteur en scène est palpable à l’écran, le duo ne se lasse pas de rappeler qu’ils se sont “trouvés” et forment aujourd’hui un couple de cinéma après seulement un film. Alors, la magie va-t-elle de nouveau opérer ?

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“Call Girl” de Mikael Marciman

Stockholm, fin des années 70. La société suédoise est un modèle de perfection. Mais sous ces apparences se cache une toute autre réalité. À quelques pas seulement des bâtiments officiels et des centres de détention pour mineurs, on trouve des clubs privés, des bars de strip-tease, des discothèques et des hôtels de passe. La jeune Iris ne connaît que trop bien ces bas-fonds. Elle qui a démarré tout en bas de l’échelle sociale, va apprendre que le pouvoir ouvre toutes les portes.

Réalisateur de séries télé (“The Laser Man”, “How soon is it now ?” et “Wallander”), Mikael Marciman signe un premier long-métrage polémique, alors que le thriller nordique a le vent en poupe depuis Millenium.Le réalisateur s’inpire de l’affaire pour le moins sensible du Bordellhärvan de 1977 (la révélation d’un vaste réseau de prostituées dont des mineures, impliquant les plus hautes autorités suédoises). Une réflexion sur les limites de la liberté sur fond de scandale politico-sexuel qui a valu à Marciman de se faire censurer dans son pays.

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“Sharqiya” de Ami Livne

Kamel, un jeune Bédouin, travaille comme agent de sécurité à la gare routière de Be’er Sheva. Il habite dans un petit village illégal, perdu au beau milieu du désert.

Son frère Khaled, chef du village, travaille dans la construction et est marié à Nadia, 21 ans. La relation entre les deux frères est compliquée, Khaled n’approuvant pas le métier de Kamel. Un jour, en rentrant chez lui, Kamel apprend que les autorités ont ordonné la démolition du village. Dès le lendemain, Khaled quitte son emploi et décide de rester au village, pour repousser les autorités qui tenteraient de les déloger. Kamel, quant à lui, continue d’aller à son travail…

Ami Livne signe lui également un premier long-métrage avec “Sharqiya”, qui traite du sujet sensible du statut des bédouins en Israël : non reconnus par l’Etat et considérés de fait comme illégaux, Israël veut déplacer de forces des familles entières bédouines, soit 70 000 personnes. Une fiction qui a été tournée comme un documentaire puisque le scénariste, Guy Ofran, y a mis de son histoire personnelle : ses voisins, eux-même bédouins, furent expulsés à la mort du père de famille, qui avait pourtant reçu une parcelle de terre de la part d’Israël pour son soutien apporté à l’Etat en 1948. Un film conçu pour “faire bouger les choses”.