ActuCiné : Le Festival de Cannes & « Gatsby le Magnifique »

Ce mercredi 15 mai 2013 marque le début d’une nouvelle édition du Festival de Cannes, qui depuis maintenant 66 ans éclaire le Sud de la France de son prestige. Nul besoin de présenter ce festival qui est devenu aujourd’hui LA référence ; ce soir le monde entier aura les yeux rivés sur la Croisette, ses 24 “marches de la gloire”, son tapis rouge, son nouveau Président du Jury, l’incontournable Steven Spielberg, et sa nouvelle maîtresse de Cérémonie, Audrey Tautou – l’éternelle Amélie.Cette année, sur plus de 70 films projetés, 20 sont en sélection officielle, 18 pour Un Certain Regard, 21 à la Quinzaine des Réalisateurs et 7 à la Semaine de la Critique… et c’est sans compter les milliers de films qui feront les beaux jours du marché du film.

Mais reprenons nos esprits. Tout le monde ne peut pas aller à Cannes – sa population va tripler durant les 10 jours du Festival, c’est déjà bien assez – et beaucoup d’entre nous sont contraints et forcés de ne suivre le festival que depuis notre plat pays.

Toutefois, aujourd’hui, il est une sortie qui nous fera presque oublier ce triste fait puisque le film projeté en ouverture ce soir au Palais des Festivals n’est autre que le très attendu “Gatsby le Magnifique” de Baz Luhrmann, qui sort également sur nos écrans aujourd’hui. Vous pourrez donc faire comme vous y étiez : sortez vos lunettes de sol… non, plutôt vos parapluies, et plongez dans l’univers de F. Scott Fitzgerald…

Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

C’est après un accueil très mitigé aux Etats-Unis que “Gatsby le Magnifique” débarque en Europe à travers le spectre pailleté et glamour de Cannes. Une ville qui fait écho au roman de  F. Scott Fitzgerald puisque c’est sur la Côte d’Azur que l’auteur a écrit son chef d’oeuvre en 1925. Pas moins de 3 adaptations cinématographiques ont vues le jour avant celle de Luhrmann : “Gatsby le Magnifique” de Herbert Brenon en 1926, “Le Prix du silence” de Elliott Nugent en 1949 et le plus connu, Gatsby le Magnifique film de Jack Clayton en 1974 avec Robert Redford dans le rôle titre. C’est donc près de 40 ans, un opéra et un téléfilm plus tard que Baz Luhrmann, qui a fait ses marques avec des titres tels que “Moulin Rouge !”, “Romeo + Juliette” ou encore “Australia”, adapte à son tour ce roman cultissime de la littérature américaine, en choisissant cette fois Leonardo DiCaprio (qui interprétait déjà le Roméo de Luhrmann en 1996) pour le rôle de Jay Gatsby. Après avoir auditionné Amanda Seyfried et Scarlett Johansson, l’australien s’entoure également de la très en vogue Carey Mulligan (Drive, Shame) pour jouer Daisy Buchanan et de Tobey Maguire pour interpréter Nick Carraway, le narrateur du roman.

Au vu de la bande-annonce, il va sans dire que Luhrmann fait du Luhrmann avec Gatsby : avec ses décors foisonnants, son image baroque et grandiloquente, ses anachronismes musicaux (avec une bande-originale signée, entre autre, par Beyoncé Knowles, Lana Del Rey ou encore Florence and the Machine), il est probable que le maniérisme de Luhrmann serve à la grandeur (et à la décadence) du personnage de Gatsby. L’Amérique des années 20 transportée en Australie ? Aussi bizarre que ça puisse paraître, on y croit.

Et avec plus de 50 millions de dollars de recettes dès son premier week-end d’exploitation en salles aux Etats-Unis, il y a fort à parier que nous ne sommes pas les seuls.