ActuCiné : « Warm Bodies », « Los Amantes Pasajeros » et « Une chanson pour ma mère »

Ce mercredi, nous nous attardons sur 3 films qui sortent en salles ce 27 mars et retiennent notre attention : « Warm Bodies », « Los Amantes Pasajeros » et « Une chanson pour ma mère ».

« Warm Bodies » de Jonathan Levine

Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair.

R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…

Cela fait maintenant quelques années que les zombies ont le vent en poupe. Depuis la révélation de « 28 jours plus tard » de Danny Boyle (bien qu’entre mordus du genre, le terme privilégié pour désigner les créatures de ce dernier soit plutôt « enragés ») jusqu’à l’adaptation plus ou moins réussie des comics « Walking Dead » par la chaîne américaine AMC, les morts-vivants envahissent petits et grands écrans. Le dernier film en date est donc ce « Warm Bodies », qui est lui aussi une adaptation du roman éponyme de Isaac Marion. Ce dernier a travaillé sur le scénario en collaboration avec le réalisateur, Jonathan Levine, à qui l’on doit les récents (et très bons) « All the Boys Love Mandy Lane », « The Wackness » et « 50/50 ».

Calqué sur les films du maître du genre, George A. Romero, « Warm Bodies » utilise les codes du « film de zombie » et apporte un vrai regard critique sur la société contemporaine. L’auteur du roman indique s’être également inspiré de la célèbre pièce de William Shakespeare, « Roméo et Juliette », pour créer ses personnages : « R renvoie à Roméo, Julia à Juliette, Perry à Paris, Marcus à Mercutio, Nora à la nourrice de Juliette : « Bien qu’il ne s’agisse pas d’un ‘Roméo et Juliette au pays des zombies’, le classique de Shakespeare a néanmoins une influence dans le film. On y retrouve même la fameuse scène du balcon et un baiser romantique, sans doute le premier du genre, entre R le zombie et l’objet humain de son désir, Julie ».

Entre hommage horrifique et comédie romantique à part entière, « Warm Bodies » s’annonce comme un titre divertissant et rafraîchissant en ce début de printemps.

***

« Los Amantes Pasajeros » de Pedro Almodovar

Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d’un avion à destination de Mexico.

Une panne technique (une sorte de négligence justifiée, même si cela semble contradictoire ; mais, après tout, les actes humains le sont) met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península. Les pilotes s’efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards sont des personnages atypiques et baroques, qui, face au danger, tentent d’oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. La vie dans les nuages est aussi compliquée que sur terre, pour les mêmes raisons, qui se résument à deux mots : « sexe » et « mort ».

Pour son 19ème long-métrage, Almodovar est revenu à ses amours premiers, la comédie kitsch et légère, pourtant désigné comme une « métaphore irréaliste » de l’Espagne actuelle : un avion qui tourne en rond dans son espace d’attente aérien, risquant l’accident. Si la métaphore se fait rapidement, l’aspect irréaliste, lui, provient de l’administration de la part de l’équipage aux voyageurs d’anxiolytiques pour les uns et de mélange champagne-vodka-mescaline-jus d’orange pour les autres : « Tout en rappelant et en glorifiant l’une des périodes de grande liberté en Espagne, les années 80, le cocktail fait référence à l’élixir que boivent certains personnages dans la littérature classique, qui déclenche des comportements extraordinaires, inconcevables autrement », souligne le réalisateur.

Au final, sous ses airs légers et sexy, la comédie d’Almodovar souligne pourtant quelques questions et s’avère même moralisateur, puisque l’expérience vécue au sein de l’avion rend, en quelque sorte, les personnages plus conscient d’eux-mêmes. Une psychothérapie en altitude, orchestrée par l’un des plus grands metteurs en scène de la péninsule ibérique.

***

Ne ratez pas non plus…

« Une chanson pour ma mère » de Joël Franka

C’est parce qu’ils adorent leur maman qui est en train de disparaitre, que les membres de cette famille décomposée décident de lui offrir le plus incroyable des cadeaux d’adieu: Dave, le chanteur, son idole, en personne ! Mais ce projet délirant est peut-être un peu trop ambitieux pour ces frères et soeurs qui croulent sous les non-dits et le silence depuis si longtemps.  Leur amour pour leur mère et la force des liens familiaux retrouvée va leur donner le courage et la folie nécessaire pour atteindre leur but. Au grand désespoir de Dave, leur victime d’un soir…

Joël Franka signe son premier long-métrage et s’essaye à la comédie, avec l’aide de Benoit Mariage et Gladys Marciano au scénario.  Sélectionné par le FIFA de Mons, le film tient ses promesses : une comédie familiale et décalée qui se paye en plus le luxe d’un casting plutôt étonnant, avec Dave en tête d’affiche. Si ce n’est pas la première fois que Dave joue son propre rôle au cinéma (on l’a aperçu notamment dans « La Cité de la Peur » ou « Poltergay »), il semblerait que cette fois-ci Dave soit bien déterminé à casser son image de chanteur populaire propre sur lui. Pour accompagner Dave, Franka a également fait appel à Patrick Timsit et Sylvie Testud, un choix qui peut sembler étonnant… mais pas tant que ça : monteur de la célèbre émission française « Rendez-vous en terre inconnue », Franka a rencontré Testud et Timsit pour les besoins de l’émission. C’est grâce à Frédéric Lopez, créateur et animateur de l’émission, qu’il a pu les recontacter pour leur proposer le film. L’argument belge est lui tenu grâce à Sam Louwyck, l’acteur brugeois qu’on ne présente plus.

Un premier long-métrage d’un belge à encourager, à voir dès aujourd’hui dans les salles !