ActuCiné : « Les chevaux de Dieu » de Nabil Ayouch

Comme chaque mercredi, retrouvez l’actualité du cinéma avec les sorties en salles hebdomadaires.Aujourd’hui, nous vous proposons de nous attarder sur « Les chevaux de Dieu », dernier film de Nabil Ayouch, Grand Prix du Jury et Prix Cineuropa lors du dernier festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles et Prix Spécial du Jury lors du dernier FIFF de Namur.

Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l’armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs « frères ». L’Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu’ils ont été choisis pour devenir des martyrs…

Pour « Les chevaux de Dieu », Nabil Ayouch s’inspire de faits réels, à savoir les attentats commis à Casablanca en 2003 où de jeunes kamikazes d’une vingtaine d’années se sont fait exploser, provoquant la mort de 41 personnes et en blessant une centaine d’autres qui a, selon le réalisateur, traumatisé le Maroc, qui « s’attendait à ce que ces actes soient l’oeuvre de terroristes entraînés, venus d’Afghanistan ou d’Irak, et pas que leurs auteurs soient des gamins de bidonvilles ».

Le titre du film provient des légendes arabes, dans lesquelles l’expression « Volez, chevaux de Dieu » est prononcée par les premiers musulmans qui se retrouvent aux côtés du prophète mais de nos jours, la signification n’est plus le même puisque l’expression a été reprise au fils des siècles, que ça soit dans les discours, chants ou poèmes incitants à la guerre sainte. L’expression est entre autre utilisée dans la propagande actuele d’Al Qaida, notamment dans le célèbre communiqué de l’organisation au lendemain du 11 septembre.

Le film de Nabil Ayouch se focalise avant tout sur l’aspect humain de cet attentat puisqu’il met des visages sur le terrorisme. Sans jamais chercher à justifier ni à juger, Ayouch s’intéresse principalement à la mécanique d’enrollement de cette génération désoeuvrée et à la recherche de repères dès le plus jeune âge.Un film intelligent et bouleversant, à  voir dès ce 13 février dans les salles.

Et, naturellement, nous vous proposons de revoir les précédents films de Nabil Ayouch en VoD sur UniversCiné en cliquant ici !