ActuCiné : « Les Invisibles » de Sébastien Lifshitz.

Ce mercredi sort dans les salles « Les Invisibles » de Sébastien Lifshitz.
Sélectionné en hors-compétition lors du dernier festival de Cannes, le film place dans la lumière ces hommes et ces femmes nés à une époque où l’homosexualité se vivait dans l’ombre.

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Sébastien Lifshitz (Plein Sud, Wild Side, La Traversée, Presque Rien, Les corps ouverts…), passionné de photographie, se retrouve un jour avec un vieil album-photo ayant appartenu à deux dames d’un certain âge, très bourgeoises, à l’allure « vieille france » entre les mains. Intrigué par ces portraits, il mène l’enquête et découvre qu’il s’agissait d’un couple lesbien. Il trouve énormément d’autres photographies d’hommes et de femmes affichant leur homosexualité à des époques certes différentes, mais néanmoins toutes nettement moins tolérantes que la notre. C’est ainsi qu’est née l’idée des Invisibles : Lifshitz décide d’explorer l’homosexualité dans les 60 dernières années, et plus particulièrement auprès de la génération née avant la guerre pour recueillir leur témoignage de ce qu’était leur mode de vie et leur manière de vivre leur sexualité à l’époque mais également de nos jours. Montrer ce que c’est d’aimer et de vieillir pour des homosexuels de plus de 70 ans.

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Pendant 2 ans, Sébastien Lifshitz et son équipe sont partis à la rencontre de près de 70 personnes acceptant d’apporter leur témoignage. Au final, il ne reste que 7 portraits dans le montage final. 7 portraits sincères, intenses et intimes sur « cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir ». Des anonymes de classes sociales différentes, de lieux de vie différents apportent chacun leur pierre à l’édifice. Chaque témoignage est différent mais tous apportent une même vérité sur le combat mené pour faire évoluer les consciences.

L’accent du documentaire est mis sur l’évolution de la société française, depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui en se basant sur la vision et l’expérience des homosexuels : le rejet ou l’acceptation des minorité étant un bon moyen d’évaluer le degré de tolérance de la population à des époques données, selon Lifshitz. Les témoins révèlent que l’époque particulièrement active dans la lutte se concentre sur les années 60 et 70, avec bien sûr le point crucial qu’est mai 68 qui a mené aux premiers regroupements pour revendiquer la dépénalisation de l’homosexualité, une égalité des droits et pour que les individus « sortent du placard » plus librement. Même si des exemples de tolérance existent avant cette période, la plupart des homosexuels vivaient alors plutôt cachés et improvisaient en fonction de leur famille, de leur vie professionelle, des rencontres qu’ils faisaient…

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Le film, qui parle plus de l’individu que du groupe, montre que chacun a son importance dans l’évolution de la société. Ces personnes qui ont vécu leur homosexualité au grand jour nous permettent aujourd’hui à nous de vivre dans une société où l’homosexualité est acceptée et n’est plus une honte. Des valeurs acquises par la jeune génération à qui il est bon de rappeler les combats des générations précédentes, car si le combat est souvent conjugué au passé dans « Les Invisibles », l’actualité nous rappelle malheureusement que la guerre pour la tolérance est loin d’être gagnée avec les débats aussi nombreux qu’houleux sur le mariage gay en France.

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En bref, « Les invisibles » est un témoignage important, militant, vivant et poignant sur l’homosexualité au passé, au présent et au futur.

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