Le film de la semaine : « Eldorado » de Bouli Lanners

Malheureusement, cet article ne vient pas annoncer une future sortie « made in Belgium by Bouli Lanners », au désespoir de beaucoup d’entre-nous. Il témoigne seulement d’un certain intérêt pour cet acteur-réalisateur. En effet, Bouli Lanners traine avec lui une très longue carrière d’acteur, et une un peu plus restreinte en tant que réalisateur. Cependant, bien que ses réalisations ne sont, pour le moment, qu’au nombre de trois, nous pouvons déjà apprécier son style et lui reconnaître une admirable maîtrise de la caméra. Son 2ème long métrage, « Eldorado », est le film sur lequel nous allons nous attarder aujourd’hui.

Qui aurait pu croire un jour qu’un homme deviendrait l’ami de son cambrioleur ? Pas grand monde, à part Bouli. En effet, son film raconte l’histoire d’un vieux routard, Yvan – joué par Bouli lui-même – qui retape des voitures vintage. Alors qu’il rentre chez lui, il tombe sur Elie – Fabrice Adde, jeune acteur français – en train de le cambrioler. D’après la corpulence d’Yvan, on se dit qu’il va lui refaire le portrait, mais non. Au contraire, après une longue nuit, il finit par décider de le ramener chez lui, près de la frontière Française. Les minutes défilent et on finit par s’apercevoir que ces deux êtres se côtoient sans trop de mal. Sans trop de mal, parce que comme le dit Yvan : « Un bon sujet de conversation, c’est pas facile à trouver, surtout quand on parle à son voleur ».

Et ainsi donc commence le voyage, le road-movie. Au volant d’une vieille Chevrolet bleue, les deux énergumènes nous trimbalent à travers le plat pays. Au fil des kilomètres et des dialogues légers, on se rend compte que ces deux hommes, qui étaient pourtant si différents, sont en fait atteints du même mal. Tout deux sont à la recherche de leur Eldorado, enfoui dans la solitude qui emplit leur vie. Yvan vit seul, Elie a quitté la maison familiale pour rejoindre la ville. Certes, le film raconte la confrontation de deux individus perdus dans ce monde de grands, mais les personnages secondaires finiront par trouver remarquablement leur place. Même Alain Delon s’y promène les fesses à l’air !

Au final, nous serons tous d’accord pour dire qu’Eldorado tire sa force de son histoire, à la fois poignante, dramatique, et comique. De par son récit, Bouli nous confronte à une véritable leçon vie, une réflexion riche en émotions. Mais cependant, ce n’est pas l’histoire elle-seule qui est parvenue à nous scotcher. Et pourtant, ce n’est pas faute de nous avoir averti : « Je te préviens, je prends jamais l’autoroute ». Bien sûr, Eldorado – et il en est de même pour ces deux autres réalisations – est aussi succession de paysages bien de chez nous. Des champs à perte de vue, des rivières glaciales, des campings isolés, qui, mêlés à la bande-originale, ne font que de nous emporter encore plus loin. Le réalisateur ne peine aucunement à rendre sa Belgique bien plus grande que dans la réalité.

Plusieurs critiques se sont focalisées uniquement sur l’histoire, ne percevant dès lors qu’une infime partie de ce qu’est en réalité Eldorado. Bouli a su encore une fois prouver qu’en plus d’être acteur, il sait également manier la caméra et représenter son pays, beaucoup plus beau et déjanté qu’il ne l’est vraiment !

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