« The housemaid », une métaphore sociale sur la lutte des classes

Des images valent parfois mieux qu’un long discours. Qui mieux que le cinéma peut rendre visible les rapports de force qui structurent le monde, démasquer les jeux de pouvoir et, surtout, donner forme visuellement à des idées qui s’enracinent profondément dans l’imaginaire collectif jusqu’à produire des miroirs dévastateurs ?

The Housemaid, le dernier film du sud-coréen Im Sang-Soo, rend sans aucun doute justice à cette spécificité du 7ème art. Accueilli sans grand enthousiasme à Cannes où il fut projeté en compétition officielle, The Housemaid est pourtant un film audacieux qu’on aurait tort de ne pas sortir de l’anonymat des sorties cinématographiques. Plusieurs raisons justifient cet intérêt : la finesse de son regard, la radicalité de sa forme et de la critique qu’il propose, sa complexité, son iconoclasme et sa volonté d’être fidèle à 100% à son principe de départ.

The Housemaid s’ouvre sur une scène hallucinante de réalisme et d’ancrage documentaire. Im Sang-Soo promène sa caméra virtuose dans une ville en pleine activité pour finir sa course sur le suicide d’une jeune femme. On pense au célèbre plan-séquence qui ouvre La soif du mal d’Orson Welles. Pourtant, la suite du film n’aura plus rien à voir avec cette scène tournée en style direct et frontal. Le cinéaste invite ainsi le spectateur à chercher ce qui se cache derrière un tel acte, mais aussi et surtout il le pousse à s’interroger sur la vérité qui bouillonne derrière la façade des apparences.

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