BIFFF 2010 – « Vampires » de Vincent Lannoo

Le 17 avril, en prélude à son célèbre Bal des Vampires, le BIFFF accueille la projection du dernier film de Vincent Lannoo, réalisateur de Strass et Ordinary Man : Vampires.

Pour cette incursion dans le fantastique, Vincent Lannoo renoue avec le style documentaire qu’il avait expérimenté en 2001 avec Strass, film réalisé selon les règles du Dogme 95, initié par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg. Si Strass imposait déjà un sens du décalage et du politiquement incorrect, ce nouvel opus rend encore plus ténue la limite entre humour et malaise, provoquant des éclats de rires incontrôlés à partir de répliques extrêmement mordantes. C’est en effet un film de vampires dans la veine de C’est arrivé près de chez vous que livre Lannoo.

Tout comme dans Strass, le réalisateur joue son propre rôle – principalement hors-champ – et suit une famille de vampires dans ses pérégrinations nocturnes, chez eux et dans Bruxelles. Car il s’agit bien d’un documentaire sur la communauté vampire belge Georges et Bertha formant un couple belge typique. Lui est francophone, elle est néerlandophone, et ils ont deux beaux enfants, Samson et Grace, qui ne parlent bien entendu pas un mot de flamand. Il s’agirait en somme d’une famille comme les autres si l’on comptait sans la présence de La Viande, jeune prostituée leur servant de garde-manger vivant, et de celle de Bienvenu, le voisin aux accents « poelvoordiens », résidant dans la cave avec sa femme Elizabeth.

Tous ces personnages hauts en couleurs – et  bien d’autres encore – servent des dialogues destinés à devenir cultes, tels que « Excusez-moi, je n’ai pas l’habitude de parler avec mon dîner. » ou encore « C’est quand même pas compliqué de mettre des cadavres dehors. Y a le service des cadavres qui passe, ils sont même pas capables de faire ça. ».

Nul doute qu’un tel film plaira au public du célèbre festival bruxellois, friand de second degré et d’humour très noir. Et rien que pour le plaisir, voici une petite tirade pas piquée des vers, débitée avec assurance par Adélard, chef des vampires de Montréal : « Quand on mord un enfant, quand on mort un jeune homme ou une jeune femme, oui, il y a le fruit ! Il y a cette vivacité dans le sang ! Mais quand on mord un vieillard, y a toute une vie derrière. Bon, y a les médicaments, c’est moins bon, ça c’est sûr. Parce qu’ils sont très médicamentés maintenant et, euh… des fois ça goûte un peu mauvais, par moments. Mais c’est pas tous les médicaments, maintenant ça se raffine. Mais la chimiothérapie, c’est horrible ! Quand on tombe sur un cancéreux, c’est très amer. ».

Thibaut Grégoire pour UniversCiné