« Le septième jour » de Carlos Saura

De ce fait divers sanglant qui a secoué l’Espagne, Carlos Saura a tiré un drame familial fort et dur, narré par Isabel (Yohana Cobo), l’aînée d’une famille de trois sœurs. Le spectateur découvre les vieilles rancunes à travers ses yeux d’adolescente, hésitant à prendre parti tant cette haine tenace entre familles dépasse l’entendement.

Dimanche 26 août 1990, à Puerto Hurraco, dans l’Estrémadure (Espagne) : deux frères ouvrent le feu sur les habitants du village, faisant neuf morts et six blessés. Les raisons du massacre remontent à trente ans auparavant, quand un paysan local fut poignardé par un voisin pour une obscure histoire de terres.

De ce fait divers sanglant qui a secoué l’Espagne, Carlos Saura a tiré un drame familial fort et dur, narré par Isabel (Yohana Cobo) l’aînée d’une famille de trois sœurs. Le spectateur découvre les vieilles rancunes à travers ses yeux d’adolescente, hésitant à prendre parti tant cette haine tenace entre familles dépasse l’entendement. Car les familles Fuentes et Jimenez se méprisent depuis si longtemps qu’ils en ont presque oublié la raison, les rancœurs se transformant au fil des ans en animosité, puis en violence sauvage. Une violence d’autant plus effarante qu’elle est dirigée à l’encontre de toute une communauté.

Fort d’un casting impeccable (Juan Diego et Jose Luis Gomez en frères assoiffés de vengeance, José Garcia, Victoria Abril), Le 7ème jour va néanmoins bien au-delà de la simple histoire de vendetta : Carlos Saura prend le temps de planter le décor et de resituer l’action dans son environnement, à savoir un minuscule village dans cette région aride de l’Espagne. Ses habitants sont des gens simples qui trompent l’ennui estival comme ils le peuvent, faisant montre d’une convivialité sereine et sincère. Les jeunes vont à la piscine et fument de l’herbe de temps en temps, tandis que leurs aînés font marcher les rares commerces locaux. Sans être idyllique, le climat est cependant paisible.

Jusqu’à ce dimanche sanglant qui changera à jamais le visage de cet endroit sans histoire.

Catherine Thieron (La Médiathèque)

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