« Pierrepoint – The Last Hangman » d’Adrian Shergold

Albert Pierrepoint fut le bourreau le plus célèbre d’Angleterre. Ayant officié durant la première partie du vingtième siècle, c’est à lui que fut déléguée la tâche d’exécuter la peine capitale pour les criminels de guerre jugés lors du procès de Nuremberg.

S’emparant de cet épisode de l’histoire britannique, et mondiale, Adrian Shergold, homme de télévision ayant réalisé un nombre impressionnant de téléfilms et de séries pour la BBC, met en images un scénario de Bob Mills et Jeff Pope. Revêtant une facture classique, le film instaure un climat subtilement malsain, sans être démonstratif et sans émettre de thèses. En jouant la carte de la suggestion, il adopte la tactique très britannique du « less is more ».

Dans un tel film, où la mise en scène est avant tout au service d’une bonne histoire, les acteurs sont bien évidemment déterminants et donnent tout son sel au film. Timothy Spall – vu chez Mike Leigh, Patrice Chéreau, ou encore dans Harry Potter – campe avec beaucoup d’humanité cet homme passionné par son métier. Ce personnage de bourreau traitant ses « clients » avec respect et dignité en devient presque touchant, quels que soient les à-priori que l’ont peut avoir à son égard. Face à lui, Juliet Stevenson et Eddie Marsan sont tout aussi épatants, donnant à leurs seconds rôles une ampleur considérable.

Si le film s’éloigne d’une esthétique purement télévisuelle à plusieurs égards, il en garde un refus de montrer frontalement les scènes de pendaisons. Le fait de laisser la mort hors-champ la plupart du temps donne au film un cachet particulier, et cette forme de pudeur, en adéquation avec l’état d’esprit du personnage principal, en fait une œuvre délicate sur un sujet qui l’est tout autant.

Thibaut Grégoire pour UniversCiné

Retrouvez ce film sur le site d’UniversCiné Belgique