» Les noces barbares  » de Marion Hänsel

Ludovic grandit dans une unique pièce délabrée, il est le secret honteux de sa mère, Nicole, et de ses grands parents. Un jour, Nicole se marie et Ludo découvre que le monde extérieur n’est pas synonyme de bonheur.

Œuvre illustrant parfaitement l’idée de beauté dans la laideur si chère à Baudelaire, ces noces barbares ne peuvent laisser indifférent. L’histoire de Ludovic, cet enfant né d’un viol, cette vie émergeant d’une mort symbolique, nous met face à toute la complexité de nos sentiments et tend à faire disparaître dans l’esprit du spectateur toute idée manichéenne.

Nul n’est foncièrement bon ni mauvais, ce constat pourtant banal et tout simplement réaliste est souvent oublié dans le cinéma, Les noces barbares nous montrent pourquoi : la réalité est violente, la banalité est inquiétante,  la façade lisse et propre que nous montrons au quotidien peut cacher les pires choses. Marion Hänsel semble avoir saisi l’intérêt du livre de Yann Queffélec et peut se targuer d’avoir signé une adaptation marquante et très juste.

Thierry Frémont, révélé par ce film, campe parfaitement Ludovic durant son adolescence, ce moment rempli de tensions, de bouleversements et surtout de ruptures. Car voilà l’autre grand thème de ce film, la volonté de rompre avec le passé, d’aller vers l’avant. La mère de Ludovic, Nicole,  voudrait ne plus voir cet enfant lui rappelant les pires choses, Ludovic voudrait pouvoir aimer sa mère sans avoir à la haïr pour son comportement. Cette rupture, cette renaissance symbolique pour l’un passera par une mort physique pour l’autre dans une scène merveilleuse venant donner tout son sens à l’histoire.

Michael Depriez pour UniversCiné

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