« La véritable histoire du chat botté » de Pascal Hérold, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff

Il était une fois, dans un royaume lointain, un jeune meunier du nom de P’tit Pierre qui, à la mort de son père, hérita d’une étrange créature : un chat qui parlait et qui, grâce à une paire de bottes mystérieuses, possédait des pouvoirs magiques.

C’est sur base de ce conte indémodable de Charles Perrault que Pascal Hérold, fasciné par cette histoire, a construit un film atypique dans le paysage actuel des films d’animations. Il a pour cela collaboré avec Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, créateurs des Deschiens, qui ont apporté au film leur univers décalé. Outre le fait qu’il s’agisse d’un des premiers dessins animés en images de synthèse entièrement produit en France, ce long-métrage réunit un certain nombre de caractéristiques qui en font une œuvre à part.

La première volonté des trois réalisateurs était de créer un environnement dans lequel les personnages existent par eux même et ne sont pas uniquement dépendants de l’histoire au sein de laquelle ils évoluent, si bonne soit-elle. Pour cela, Deschamps et Makeïeff ont fait appel à des acteurs de leurs connaissances auxquels ils ont donné une liberté de jeu presque absolue, lors d’un tournage antérieur à la conception visuelle du film. C’est donc dans un décor des plus dépouillés que des acteurs comme Yolande Moreau, Atmen Kelif, ou encore Deschamps lui-même – dans le rôle du chat – ont donné libre cours à leur imagination en improvisant sur base de dialogues écrits. A la liberté prise par rapport au texte s’est ajoutée une liberté gestuelle, qui est devenue par la suite un des grands piliers sur lesquels s’est construit l’animation du film. En effet, ces prises de vue ont servi de modèles aux infographistes pour créer une animation homogène, dans laquelle le visuel et le sonore sont étroitement liés, pour un résultat techniquement très abouti.

La musique (qui a été confiée au groupe Moriarty) est principalement constituée de réorchestrations d’airs connus issus de divers opéras ou opérettes et contribue également fortement à l’aspect décalé de l’ensemble. Mozart, Beethoven, Wagner ou encore Bizet sont ainsi revisités avec légèreté lors d’intermèdes musicaux qui tranchent par là-même avec les traditionnelles chansonnettes, passage obligé des grands dessins animés dans la plus pure tradition du genre.

Faisant presque figure de dessin animé expérimental, La véritable histoire du chat botté est, à l’arrivée, une œuvre unique qui, de par son extravagance et ses particularités, devrait ravir les enfants et intéresser les parents.

Thibaut Grégoire pour UniversCiné

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