Cycle MENSONGE ET SECRETS – AJC/CVB

Voici quatre court-métrages montrant toute la versatilité que peut apporter un thème unique, quatre fragments de vies dans lesquelles existent un manque, un fardeau caché ou encore une ardente volonté d’en apprendre plus sur soi. Mais surtout quatre oeuvres dans lesquelles chacun pourra s’identifier au vu de l’universalité du sujet. Un cycle démontrant merveilleusement l’osmose entre fiction cinématographique et réalité, à ne surtout pas manquer sur UniversCiné Belgique!


Retour à la rue’ de Guérin Van de Vorst

Guérin Van de Vorst revient sur le destin des sans-abris et autres laissés-pour-compte deux ans après son documentaire Retour à la rue. Nous suivons la vie de Raymond, vivant tranquillement dans un foyer, s’occupant du bar, aimé de tous, ses jours s’écoulent tranquillement. Mais un jour, la direction du foyer lui annonce qu’ils ont un appartement et un petit boulot pour lui, qu’il devrait se prendre en main. Bonne nouvelle? Pas vraiment, cet évènement sera le point de départ d’une discrète mais indéniable dégradation du moral de Raymond. Un métrage simple, humain, exposant clairement les failles d’un système censé aider les individus dans le besoin…

Hélène de Muriel Alliot

Une jeune femme, qui n’apparaîtra pas à l’écran, se contentant du rôle de narratrice, recherche des informations sur sa grand mère, d’origine polonaise, le tout à partir d’une photo datant de 1940. Plusieurs intervenants, lors d’un voyage de Bruxelles jusqu’en Pologne, permettent de reconstituer le puzzle que représente le passé enfoui de cette énigmatique grand-mère. Peu à peu ressurgissent les fantômes de la guerre, les horreurs qu’a connues la Pologne et des souvenirs enfouis qui sont autant de blessures. Muriel Alliot réalise là un court-métrage fort en émotions, évoquant le nombre de familles brisées par les évènements des années 40, le nombre de jeunes gens qui n’ont parfois plus rien de leurs grands parents. Une oeuvre réellement prenante.

Ce qui reste de Fanny Dal Magro

Pour construire son court-métrage, Fanny Dal Magro a choisi la sincérité en filmant ses interrogations, et la confession progressive de son père, sur le grand tabou familial: Henri, grand père que Fanny n’a pas connu. La grand-mère de la réalisatrice lui parlait de cet homme en décrivant un être porteur de souffrances pour son entourage, alcoolique, violent. Cette version ne concorde pas avec la version de son père qui semble refouler les souffrances de sa jeunesse. Peu à peu, devant la caméra, ce fils d’Henri, père de Fanny, ose se livrer, craquer, montrer qu’il avait besoin de parler. Il semble clair que ce film a servi de psychanalyse à la famille Dal Magro, permettant d’enfin exorciser de vieux démons. A regarder avec le plus grand respect pour le courage qu’a demandé cette entreprise.

Alter Sum de Sébastien Schmit

Voici certainement l’OVNI de cette sélection. loin des histoires familiales et des récits sociaux, Sébastien Schmit a créé une oeuvre tendue, oppressante, gardant le spectateur en alerte jusqu’au coup final asséné par un twist très bien amené. Difficile de parler du scénario sans éventer la surprise, il faut juste savoir que le personnage principal, « S », a un secret enfoui au plus profond de son esprit, mais comme toutes les choses enfouies ce secret finit par refaire surface.

Des mensonges, beaucoup de secrets et incidemment de quêtes de vérité, le pari de cet atelier 2007 est relevé de belle façon, ces quatre court-métrages font réfléchir et nous rappellent que nous avons tous une part cachée qui parfois veut/doit ressurgir.